Les acteurs de Un, dos, tres publient tous un message depuis le 28 juillet : voici le visage de l’école Carmen Arranz qui manque désormais

Un message, presque simultanément, sur les comptes Instagram de Beatriz Luengo, Mónica Cruz et Miguel Ángel Muñoz. Pas de coup de communication concerté, mais un réflexe presque familial : celui de raviver, encore et encore, le souvenir d’un des leurs. Le « visage » en question, c’est celui d’Edu del Prado, le comédien et chanteur qui incarnait César dans Un, dos, tres, disparu bien trop tôt et dont l’absence continue de peser sur toute une génération qui a grandi devant l’école Carmen Arranz.

À retenir

  • Un message synchronisé sur les réseaux : pourquoi les acteurs de Un, dos, tres réagissent ensemble
  • Edu del Prado, de César lycéen à mentor des plus grandes stars : qui était vraiment cet acteur oublié
  • Comment une série crée des liens qui survivent plus de 20 ans après la fin du tournage

Un décès qui a marqué toute une génération de fans

Retour en arrière. Le chanteur de ‘UPA Dance’ et acteur Edu del Prado est mort à Valence à 40 ans, des suites d’une pneumonie, son rôle le plus connu étant dans la série d’Antena 3 ‘Un paso adelante’. Dans la version française, ce personnage avait un nom qui résonne encore dans la mémoire collective des fans : César, un jeune homosexuel qui devient un grand ami de Rober, incarné par Miguel Ángel Muñoz. Un rôle secondaire en apparence, mais essentiel dans l’équilibre de la troupe de l’Académie, l’un de ces personnages qui donnaient à la série sa dimension presque documentaire sur l’adolescence et ses zones grises.

Ce qui frappe, avec le recul, c’est la vitesse à laquelle ses anciens camarades de plateau ont réagi. L’actrice Beatriz Luengo, une de ses camarades de la série, a confirmé la nouvelle en soulignant qu’il avait aussi été professeur pour Star Academy en France, La Academia au Mexique et The Voice France. Sur ses réseaux, elle a raconté l’avoir connu enfant, bien avant que la caméra ne les réunisse. Elle expliquait l’avoir rencontré à 11 ans dans son projet Tattoo, alors qu’il était déjà une idole avec son premier disque. Un lien qui dépassait largement le cadre professionnel, presque une histoire de fratrie construite devant les caméras.

De César le lycéen à professeur de stars, un parcours atypique

Ce qui rend l’histoire d’Edu del Prado particulière, c’est justement ce grand écart entre son personnage fictif d’élève turbulent et sa deuxième vie, bien réelle celle-là, de mentor pour d’autres artistes en devenir. Après son passage dans ‘Un paso adelante’, del Prado avait rejoint le casting du musical ‘Sister Act’, avait été juré à The Voice France, et avait participé à Operación Triunfo : La Academia au Mexique. Comme si le personnage d’ado en quête de repères s’était mué, dans la vraie vie, en figure d’autorité bienveillante pour la génération suivante. Un symbole assez fort, quand on y pense : celui qui apprenait à chanter et danser à l’écran a fini par transmettre ce savoir à des dizaines de candidats de télé-crochets, des deux côtés de l’Atlantique.

Son parcours artistique avait commencé très jeune. Il avait pris le nom de scène Edu Engonga et incarnait le personnage de César, avant de rejoindre le groupe dérivé de la série, UPA Dance, qui avait connu un succès commercial considérable en Espagne et dans plusieurs pays hispanophones au milieu des années 2000. Ce groupe, on l’oublie parfois, n’était pas censé exister au-delà de la fiction : il devait rester un gimmick scénaristique, avant de devenir un vrai phénomène de charts.

Pourquoi ces hommages ressurgissent encore aujourd’hui

Sur les réseaux sociaux, chaque année, le même rituel silencieux se répète. Une photo d’archive, un extrait de concert, quelques mots simples postés par ceux qui ont partagé le plateau avec lui pendant six saisons. Ce n’est pas de la nostalgie fabriquée pour l’algorithme, c’est le résultat logique d’une bande d’acteurs qui, plus de vingt ans après le lancement de la série, restent étonnamment soudés. On l’a encore vu récemment : dès qu’un souvenir remonte à la surface, tout le casting réagit en chœur, comme une famille recomposée qui ne s’est jamais vraiment quittée.

Il faut dire que la série avait cette particularité rare de créer de vrais liens hors caméra. L’école fictive Carmen Arranz, avec ses salles de danse et ses conflits de couloirs, a fini par ressembler à une vraie promotion d’élèves qui se retrouvent, des décennies plus tard, aux mêmes cérémonies, aux mêmes premières de film, aux mêmes anniversaires. Perdre l’un des leurs, aussi discret que fût son rôle à l’écran, a laissé un vide que les retrouvailles ponctuelles du casting ne comblent jamais tout à fait.

Ce qui reste, au fond, c’est une leçon presque banale mais qu’on redécouvre à chaque disparition de ce genre : les séries qui marquent une génération ne le font pas seulement par leurs intrigues, mais par les visages secondaires qui peuplaient le décor sans jamais voler la vedette. César n’était pas Rober, ni Lola, ni Silvia. Il était ce camarade de classe qu’on croise sans forcément le remarquer, jusqu’au jour où sa chaise reste vide, et où toute la classe s’en aperçoit en même temps.

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