Si Tomer Sisley n’apparaît pas en entier dans la scène d’action de La Cible, ce n’est pas un choix de mise en scène : c’est ce qui s’est passé à la première journée

Le 25 août 2025, jour du premier clap de La Cible, le tournage a été suspendu net. La cause n’a rien d’une décision artistique : Tomer Sisley s’est blessé en plein saut depuis un pont, et cet incident explique pourquoi certains plans de la fameuse cascade d’ouverture ne montrent jamais l’acteur en intégralité.

Le tournage de la série se déroule du 25 août au 6 décembre 2025 à Toulouse et en région Occitanie, et commence à Toulouse le 25 août 2025 par des cascades sur le Pont Neuf, fermé à la circulation pendant trois jours à cause de la présence d’un engin mécanique auquel sont reliés des câbles. Un dispositif lourd, pensé pour filmer un saut spectaculaire depuis une vingtaine de mètres de hauteur, avec dans un premier temps un cascadeur professionnel avant que Sisley ne s’y colle lui-même. Mais sur ce genre de plan, tout peut basculer en une fraction de seconde.

À retenir

  • Un problème technique de caméra déclenche un arrêt d’urgence qui devient un accident
  • La blessure survient le premier jour et paralyse la production pendant quinze jours
  • Cinq mois de tournage avec une blessure musculaire dans une série d’action intensive

Le raté qui a tout changé

L’acteur lui-même a raconté la scène avec une précision presque cinématographique. « À la dernière seconde on me dit ‘Stop, stop, stop !’ parce qu’il y avait un problème avec la caméra. Je freine à la dernière seconde pour ne pas sauter du pont, et c’est en freinant que je me claque le mollet », a-t-il expliqué. Le paradoxe est presque comique : ce n’est pas le saut lui-même qui l’a blessé, mais l’arrêt d’urgence destiné à l’éviter. Un problème technique de caméra, et voilà tout un plan d’action transformé en incident de tournage.

« Lors du saut d’un pont, il y a eu un petit accident. Rien de grave, mais ça nous a quand même arrêté le tournage pendant deux semaines. Je me suis claqué le mollet ce qui m’a mis dans l’embarras pendant tout le reste du tournage », a résumé Tomer Sisley lors d’un point presse. Deux semaines à l’arrêt, dès le premier jour de tournage : de quoi donner des sueurs froides à toute une production qui venait à peine de démarrer sur cinq mois de plateau.

Courir pendant cinq mois avec un mollet claqué

Le vrai calvaire, ce n’est pas tant l’arrêt initial que ce qui a suivi. Hugo, le personnage qu’incarne Sisley dans La Cible, passe son temps à courir, fuir, se battre. « Et puis c’était super d’avoir un mollet claqué pour une série qui allait durer cinq mois dans laquelle je cours tous les jours. C’était bien… », a-t-il ironisé, avant de conclure : « Donc derrière, il a fallu serrer un petit peu les dents parce que, comme je viens de le dire, je courais tous les jours ». L’ironie mordante de la réplique en dit long sur ce qu’a représenté ce tournage : une blessure musculaire, gérable sur un tournage de comédie, devient un vrai handicap quand le rôle exige de l’action physique quotidienne pendant des mois.

C’est précisément ce contexte qui explique certains choix de montage dans la scène du pont. L’acteur a d’ailleurs été honnête sur ses limites, bien avant même de parler de sa blessure. « J’ai fait toutes les cascades, mais pour être ultra honnête : même si vous faites toutes vos cascades, il y a toujours des plans où ce n’est pas l’acteur qui apparaît », révèle-t-il avant d’ajouter : « Tout simplement parce que si on est dans un plan large, où on ne le voit que de dos et qu’il faut tomber sur du bitume, ça ne sert à rien de demander à l’acteur de le faire parce qu’on lui fait prendre un risque pour rien. On prend toujours un risque quand on fait une cascade. » Une règle de bon sens sur tout plateau d’action, mais qui prend une résonance particulière ici : après l’accident du premier jour, la production avait toutes les raisons de limiter l’exposition physique de sa tête d’affiche sur les plans les plus risqués.

Un habitué du risque, pas un débutant

Ce n’est pas la première fois que Tomer Sisley met son corps à l’épreuve pour un rôle. Dans la saga Largo Winch, il avait déjà repoussé les limites en réalisant lui-même une scène de combat en chute libre. Cette réputation de comédien engagé physiquement colle parfaitement à sa filmographie récente : cet été, il portait déjà GIGN sur Netflix, une série qui a fait grimper le palpitant des abonnés de Netflix et a cassé la baraque sur la plateforme, au point d’envisager une saison 2. Deux univers d’action, deux mois d’écart, deux fois le corps sur la ligne.

Cette fois, le retour de Sisley sur TF1 marque aussi une étape : deux ans après la fin de « Balthazar », l’acteur fait son retour sur TF1 dans « La Cible », série dans laquelle il campe de nouveau un personnage débordant de testostérone, incarnant Hugo, un ancien garde du corps encore profondément marqué par sa séparation avec Léa. Un rôle taillé pour l’action, justement, ce qui rend la blessure du premier jour d’autant plus symbolique : le tournage commence par ce qu’il devait le moins subir.

Reste un détail que peu de spectateurs remarqueront en regardant la scène du pont : derrière chaque plan où l’on ne voit Sisley que de dos ou en silhouette, il y a peut-être moins un choix de réalisateur qu’une prudence de production, née d’un accident survenu à peine quelques heures après le premier clap. La série, diffusée sur TF1, mêle ainsi sans le vouloir deux récits : celui, fictif, d’un garde du corps traqué, et celui, bien réel, d’un acteur qui a tourné cinq mois entiers en serrant les dents.

Laisser un commentaire