HBO Max a un épisode de Lanterns où le nom de Batman n’est jamais prononcé : une phrase suffit pourtant à y relier Hal Jordan

Sur HBO Max, la série Lanterns vient de distiller un indice si discret qu’il aurait pu passer inaperçu : le mot « Batman » n’est jamais prononcé, et pourtant une seule phrase, glissée par Hal Jordan lui-même, suffit à relier le récit au mythe du Chevalier Noir. L’épisode en question ? Le deuxième de la saison, diffusé ce week-end, qui confirme ce que les fans soupçonnaient déjà depuis le pilote.

À retenir

  • Pourquoi Gotham City apparaît soudainement dans une série sur les Green Lanterns
  • Ce que cache vraiment le patronyme Kane et son lien aux origines de Batman
  • Comment une simple phrase prononcée par Hal Jordan ouvre la porte à des révélations futures

Une shérif venue de Gotham City

Tout commence avec Kerry Kane, la shérif de Rushville incarnée par Kelly Macdonald. Dans le second épisode, elle révèle enfin d’où elle vient, et la réponse tombe comme un pavé dans la mare feutrée du Nebraska rural. L’épisode confirme la connexion directe du personnage de Kerry Kane à l’univers Batman de la DCU via Gotham City, renforçant ce lien avec une révélation directe qu’elle vient de cette ville. Pas de cape, pas de Batmobile, pas la moindre gargouille à l’horizon. Juste un nom de ville, lâché en passant, et c’est suffisant pour faire s’emballer la théorie.

Le nom même de la shérif n’est d’ailleurs pas un hasard scénaristique innocent. Le patronyme de Kerry Kane fait écho à l’une des plus anciennes familles de Gotham, ce qui ajoute un poids considérable à la théorie Batman autour de Lanterns. Dans les comics, les Kane sont intimement liés à l’histoire de Bruce Wayne, sa propre mère étant née Martha Kane. Un clin d’œil qui, cumulé à la révélation géographique, ne laisse plus vraiment de place au hasard.

Le coup de fil qui avait déjà tout dit

Remontons d’abord au tout premier épisode, celui où Hal Jordan meurt, retrouvé mort dans le froid du Nebraska dix ans après le début de l’intrigue. Ce twist a monopolisé les conversations, éclipsant un détail bien plus discret glissé quelques minutes plus tôt. Lors de la visite de John Stewart au bureau de la shérif, alors qu’elle termine un appel téléphonique et explique ne pouvoir commenter une enquête en cours, elle lance : « Tell Barb I said hey. »

Une phrase anodine en apparence. Mais les fans de comics ont l’oreille qui traîne. Cet appel téléphonique bref au poste de police a déclenché des théories DCU liées à James Gordon et à « Barb » de Gotham. Barb pour Barbara. Barbara Gordon, la fille du commissaire James Gordon, alias Batgirl dans les comics. Si Kane discute au téléphone avec quelqu’un à qui elle demande de saluer « Barb », la logique voudrait que son interlocuteur soit… le commissaire de police de Gotham en personne. Sans jamais nommer Batman, sans jamais montrer Gotham à l’écran, la série construit un pont narratif entier avec un simple message à transmettre.

La phrase de Hal Jordan qui change tout

C’est là que la boucle se ferme, et c’est là que le titre de cet article prend tout son sens. Dans l’épisode 2, quand Kerry Kane confirme enfin venir de Gotham City, ce n’est pas John Stewart qui réagit. C’est Hal Jordan. Après qu’elle révèle être de Gotham City, Hal Jordan répond : « Well, that sounds like a story. » Kane reste évasive, mais Jordan insiste légèrement. Elle répond « Doesn’t it », ce qui pousse Jordan à demander « That’s all I’m gonna get ? I’ll take it for now. »

Ce « for now » (« pour l’instant »), c’est le détail qui fait basculer une simple réplique de dialogue en promesse narrative. Ce « for now » est significatif, car il suggère que l’on pourrait bientôt en apprendre davantage sur les origines de Kane et sur le Gotham de l’univers DC. Hal Jordan, le premier des deux Green Lanterns de la série, devient lui-même le vecteur narratif qui va rouvrir, ou refermer, le dossier Gotham. Sans jamais dire « Batman », sans jamais dire « Bruce Wayne », la série fait de Hal Jordan le personnage qui tire le fil.

Ce qui frappe, c’est la finesse de l’écriture ici. Damon Lindelof et son équipe auraient pu balancer une réplique lourde, un clin d’œil appuyé à la manière d’un caméo tapageur. Ils ont préféré la retenue, presque le silence. Et franchement, ça fonctionne mieux ainsi : le mystère reste entier, l’excitation des fans grimpe sans que la série ait besoin de sacrifier son ton « cop drama » façon True Detective pour caser un logo chauve-souris.

Une stratégie DCU bien rodée

Cette manière de tisser des liens sans jamais nommer les choses n’est pas propre à Lanterns. James Gunn et son studio ont pris l’habitude de semer des indices minuscules plutôt que d’imposer des crossovers frontaux, une méthode qui a déjà fait ses preuves avec des séries précédentes du même univers partagé. La saison se déroule d’ailleurs sur deux temporalités, un fil de 2016 où Hal forme John, et une enquête actuelle en 2026 se situant environ un an après les événements de Superman et de la saison 2 de Peacemaker. Autant dire que la continuité entre les productions est prise très au sérieux, épisode après épisode, série après série.

Reste à savoir si Gotham City deviendra un simple arrière-plan mentionné à demi-mot ou si la piste Kane va irriguer la suite de la saison. Une chose est sûre : le prochain Batman porté par Matt Reeves n’arrivera dans les salles françaises qu’en février 2028, ce qui laisse largement le temps à Lanterns de continuer à distiller ses indices, un mot à la fois, sans jamais lâcher le nom que tout le monde attend.

Laisser un commentaire