En envoyant Gorilla Grodd au tribunal plutôt que face à Flash, James Gunn fait basculer le DCU vers un format que personne n’attendait

Fini les combats à mains nues contre Flash dans les rues de Central City. Gorilla Grodd, l’un des vilains les plus cultes de l’univers DC, va plutôt se retrouver derrière un box des accusés, filmé par une équipe de tournage façon documentaire vrai crime. James Gunn vient d’officialiser The People v. Gorilla Grodd, une série DC Studios qui débarquera sur HBO Max, et le concept a de quoi surprendre même les fans les plus aguerris du DCU.

À retenir

  • Gorilla Grodd ne combattra plus Flash dans les rues, mais se défendra devant les tribunaux de Metropolis
  • Jimmy Olsen mène l’enquête dans un vrai faux documentaire criminel créé par les auteurs d’American Vandal
  • Ce projet hilarant faisait partie du plan initial de Gunn pour le DCU, au même titre que Lanterns et Superman

Un procès filmé comme un vrai true crime

Le pitch est aussi inattendu que jubilatoire. La série sera une comédie d’une demi-heure, et la fusion de ces deux genres fait sens puisque les showrunners Tony Yacenda et Dan Perrault ont déjà exploré ce terrain avec la série culte American Vandal, référence absolue du mockumentaire satirique sur les plateformes de streaming. Le logline officiel ne laisse aucun doute sur l’ambition du projet : un singe surintelligent est condamné pour le meurtre de son père, le roi de Gorilla City. Dans un docu-série en huit parties, Jimmy Olsen du Daily Planet rouvre l’affaire, enquêtant sur la possibilité que Gorilla Grodd ait été condamné à tort dans l’un des procès pour meurtre les plus célèbres de Metropolis.

Concrètement, la série adopte les codes visuels et narratifs des documentaires criminels qui ont cartonné ces dernières années sur les plateformes : interviews face caméra, reconstitutions, témoins douteux, rebondissements de dernière minute. Mais ici, l’accusé est un gorille télépathe capable de manipuler les esprits, et l’enquêteur en chef n’est autre que le jeune photojournaliste du Daily Planet aperçu dans le Superman de Gunn sorti en 2025. James Gunn lui-même a résumé l’ambition du projet en le qualifiant de « notre première incursion dans le genre true crime ».

Jimmy Olsen mène l’enquête, la bande du Daily Planet au complet

Le casting confirme que cette série n’est pas un simple à-côté anecdotique. Skyler Gisondo reprend le rôle de Jimmy Olsen, le jeune reporter ambitieux du Daily Planet introduit dans le Superman de Gunn en 2025, tandis que Jimmy Tatro incarne Gorilla Grodd, le singe hyper-intelligent de Gorilla City qui affronte habituellement Flash. Autour d’eux, toute la rédaction du journal métropolitain refait surface : Beck Bennett, Mikaela Hoover et Wendell Pierce reprennent également leurs rôles respectifs de Steve Lombard, Cat Grant et Perry White.

Le choix de confier la réalisation à Tony Yacenda et Dan Perrault n’a rien d’un hasard. Les deux showrunners assurent l’écriture et la production exécutive, Yacenda réalisant l’intégralité des huit épisodes. Leur ambition dépasse le simple exercice de style comique : ils veulent que la série ressemble à un véritable objet culturel produit à l’intérieur de l’univers DC. Ils ont exprimé leur enthousiasme à créer une série qui ressemble moins à une entrée dans le DCU qu’à un artefact venu de cet univers, un documentaire original du Daily Planet fait pour les habitants de Metropolis. Une phrase qui résume bien la promesse : on ne regarde pas une série sur le DCU, on regarde un produit médiatique fabriqué par des personnages qui y vivent.

Un projet qui traîne depuis les débuts de Gunn chez DC

Ce qui frappe, c’est l’ancienneté de l’idée. Le projet n’est pas né d’une impulsion récente : « The People v. Gorilla Grodd » fait partie des projets que Gunn et Peter Safran avaient présentés à Warner Bros. Discovery avant même de prendre officiellement les rênes de DC Studios. ce détour comique par les tribunaux fait partie du plan d’ensemble de Gunn depuis le tout premier jour, au même titre que des projets bien plus attendus comme la série Lanterns, développée à la même époque selon les propos du réalisateur.

Cette révélation change la perception du projet. Loin d’être une lubie tardive pour occuper l’attente entre deux blockbusters, cette comédie judiciaire fait partie de l’architecture originelle du nouveau DCU, celle qui mise sur la diversité des tons et des formats plutôt que sur l’uniformité super-héroïque. La série illustre une vertu que Gunn défend depuis le début : des projets capables de partager une continuité sans être obligés d’utiliser le même genre ou le même ton, Gorilla Grodd servant de point de départ à une production construite autour d’enquêtes criminelles. Un pari risqué sur le papier, mais qui a déjà fait ses preuves avec le ton totalement différent de Peacemaker comparé à celui de Superman.

Une pièce de plus dans le puzzle du DCU

Les fans les plus attentifs ont déjà repéré un détail qui pourrait avoir des conséquences bien au-delà de cette seule série. Un communiqué de presse précise que la série inclura des interviews avec les nouveaux avocats de Gorilla Grodd, rattachés au Metropolis Freedom Project. Or ce nom n’est pas choisi au hasard : l’implication du Freedom Project laisse entrevoir de futurs liens avec Rick Flag Sr., interprété par Frank Grillo dans Peacemaker saison 2, dont la mission consiste à rassembler tous les métahumains puissants de la Terre pour les transférer à Salvation, ce qui met le Freedom Project en contradiction directe avec les objectifs de Flag.

Le détail semble anecdotique, mais il illustre parfaitement la méthode Gunn : chaque série, même la plus improbable en apparence, sert de pont narratif vers le reste de l’univers. On imaginait Grodd cantonné à son rôle de némésis simiesque de Flash. Le voilà transformé en accusé médiatisé, dont le sort pourrait peser sur les plans d’un vétéran de la Suicide Squad version Gunn. Reste à savoir si les huit épisodes suffiront à établir ce fameux ton « artefact du DCU » sans jamais perdre de vue l’humour noir promis par les créateurs d’American Vandal.

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