Huit épisodes, un procès pour meurtre et un gorille télépathe : voilà à quoi ressemble le grand retour du Daily Planet dans l’univers DC. Ce 21 août, HBO Max a officialisé la série qui recentre Skyler Gisondo sur son personnage de Jimmy Olsen, mais avec une architecture narrative que peu de monde avait anticipée. Oubliez la sitcom de bureau façon comédie classique : DC Studios a choisi le mockumentary true-crime, un genre qui colle davantage à un podcast d’enquête criminelle qu’à une comédie de rédaction.
À retenir
- Un format mockumentary true-crime complètement inattendu pour la série Daily Planet
- Les créateurs d’American Vandal aux commandes d’une enquête sur la culpabilité de Gorilla Grodd
- DC Studios parie sur un genre audacieux, loin de la sitcom de bureau que les fans imaginaient
Un faux documentaire signé par les créateurs d’American Vandal
La série s’appelle désormais The People v. Gorilla Grodd, et son titre résume à lui seul l’ambition tordue du projet. HBO Max a donné une commande directe de huit épisodes à son spinoff de Jimmy Olsen depuis longtemps en développement, baptisé The People v. Gorilla Grodd, une comédie d’une demi-heure menée par Skyler Gisondo en Jimmy Olsen et Jimmy Tatro en Gorilla Grodd, réalisée dans un style mockumentary true-crime. Le choix n’a rien d’un hasard : la production a recruté les créateurs d’American Vandal, référence culte du pastiche true-crime sur Netflix. Ce format s’inscrit pleinement dans le registre de Tony Yacenda et Dan Perrault, dont le mockumentary true-crime transformait une enquête sur une blague de lycée en satire du genre.
Le pitch, lui, frôle l’absurde assumé. Un singe surdoué est condamné pour le meurtre de son père, le roi de Gorilla City, et dans ce docuseries « true crime » en huit parties, Jimmy Olsen du Daily Planet rouvre l’affaire pour déterminer si Gorilla Grodd a été condamné à tort dans l’un des procès les plus célèbres de Metropolis. Jimmy troque son appareil photo pour une caméra de documentariste amateur, façon Making a Murderer revisité par l’univers DC. Le communiqué officiel joue d’ailleurs la carte de l’auto-dérision totale, présentant le programme comme une série qui ressemble moins à une entrée dans le DCU qu’à un artefact venu de l’intérieur, un documentaire original du Daily Planet fait pour les habitants de Metropolis.
Pourquoi ce n’est pas la série que les fans imaginaient
Depuis l’annonce initiale en novembre 2025, la plupart des observateurs tablaient sur une comédie de bureau classique, dans la lignée de The Office ou Parks and Recreation, avec la rédaction du Daily Planet comme théâtre d’un quotidien absurde peuplé de super-vilains en toile de fond. Le concept devait centrer Olsen, ainsi que d’autres journalistes du Daily Planet (hors Lois Lane et Clark Kent), qui traitent des affaires impliquant des super-vilains. Cette base restait ambiguë sur le ton exact, et beaucoup de fans avaient imaginé un format multi-caméra ou une comédie d’ensemble plus traditionnelle.
Le choix final change complètement la donne. Plutôt qu’une chronique légère du quotidien de la rédaction, DC Studios opte pour un exercice de style plus pointu : une fausse enquête journalistique qui interroge, épisode après épisode, la culpabilité d’un antagoniste emblématique des comics. Jimmy rouvre l’affaire pour un documentaire du Daily Planet en huit parties, enquêtant sur une possible erreur judiciaire dans l’un des procès les plus célèbres de Metropolis. Un pari plus risqué, mais qui a le mérite de distinguer clairement ce spinoff des productions super-héroïques classiques. Le studio l’assume sans détour, allant jusqu’à ironiser sur son propre succès fictif : une série qui espère séduire les fans de comics, de comédie et de true crime, et qui, sans pouvoir parler pour l’audience réelle, est déjà présentée comme un énorme succès à Metropolis.
Un casting qui prolonge la magie du film
La bonne nouvelle pour les fans du long-métrage de James Gunn, c’est que la quasi-totalité de l’équipe du Daily Planet aperçue dans Superman a été rappelée. Beck Bennett reprend son rôle de Steve Lombard, Mikaela Hoover celui de Cat Grant et Wendell Pierce celui de Perry White, aux côtés de nouvelles recrues comme Mary Holland, Eduardo Franco, Arian Moayed, Dan Perrault, Andrew Leeds et Tim Baltz. Seuls Clark Kent et Lois Lane restent hors-champ, ce qui confirme que la série veut exister à distance du Superman incarné à l’écran, plutôt que de s’appuyer sur sa présence.
Du côté des dirigeants, l’enthousiasme affiché ne cache pas grand-chose de leur pari commercial. James Gunn et Peter Safran ont expliqué qu’entre la performance de Skyler et la alchimie de l’équipe du Daily Planet, ils savaient dès la sortie de Superman que cet univers valait la peine d’être exploré davantage, plongeant le public dans les rues plus sombres et plus drôles du DCU tandis que Jimmy met en lumière le système judiciaire de Metropolis. Amy Gravitt, à la tête des programmes comédie chez HBO Max, a quant à elle salué la prestation de l’acteur principal en des termes sans ambiguïté : « Nous savons déjà que Skyler Gisondo est parfait dans le rôle de Jimmy Olsen et nous avons hâte que le public découvre l’interprétation captivante et hilarante de Jimmy Tatro en Grodd. »
Reste une inconnue de taille : personne ne sait encore quand cette étrange docuserie débarquera réellement sur les écrans. Sa date de lancement et son calendrier de production n’ont pas été communiqués. Un flou qui laisse le temps à DC Studios de peaufiner un format aussi casse-gueule qu’audacieux, quitte à décevoir ceux qui espéraient retrouver l’ambiance chorale et légère du film au format hebdomadaire classique. Vu l’appétit du public pour le true-crime ces dernières années, le calcul de Gunn et Safran pourrait bien s’avérer plus malin qu’il n’y paraît.
Sources : theplaylist.net | yardbarker.com