Bart Simpson a une date de péremption, et c’est sa propre voix qui vient de la révéler. Le 4 août dernier, sur le podcast Inside of You with Michael Rosenbaum, Nancy Cartwright a lâché un chiffre qui a fait le tour du web cette semaine : selon elle, Les Simpson s’arrêteront à la saison 40. Pas à cause d’une chute d’audience, pas parce que Fox tirerait la prise. Juste une intuition personnelle, assumée sans détour.
La question posée par Rosenbaum était directe : combien de temps la série va-t-elle encore durer ? « How long do you think ‘The Simpsons’ will go? » a demandé Rosenbaum, et Cartwright a répondu par un simple « 40 [seasons] ». Face à l’insistance de l’animateur, elle a confirmé sans détour, comme le rapporte Screen Rant : elle a répondu « 40 [seasons] », ajoutant « It’s my opinion ». Pas de scoop industriel, pas de fuite de production. Juste l’avis d’une femme qui prête sa voix au même gamin de dix ans depuis près de quatre décennies.
À retenir
- Une date limite précise vient d’être énoncée par la voix historique de Bart Simpson, mais ce n’est pas pour les raisons qu’on imagine
- Le studio a déjà signé les contrats qui vallident cet horizon, transformant une opinion personnelle en jalon contractuel
- Une menace plane sur Springfield : et si les studios décidaient de remplacer les voix disparues par de l’IA plutôt que de laisser la série mourir ?
Un renouvellement déjà acté, bien avant cette sortie
Le plus étonnant dans cette histoire, c’est que la saison 40 n’a rien d’une hypothèse lointaine. Les propos de Cartwright arrivent un an après que « Les Simpson » a obtenu un renouvellement de quatre saisons, confirmant que la série continuera jusqu’à la saison 40. Fox avait donc déjà posé le cadre contractuel en 2025, transformant ce qui ressemblait à une simple reconduction en un jalon symbolique pour l’industrie télévisuelle.
Et la série n’en est pas à son coup d’essai côté longévité. Après avoir débuté comme une série de courts-métrages animés dans The Tracey Ullman Show, Les Simpson ont été diffusés sur Fox à la fin de 1989, et près de 40 ans plus tard, la série créée par Matt Groening reste l’une des meilleures sitcoms américaines, ayant donné naissance à une franchise incluant films, spéciaux Disney+, jeux vidéo et bandes dessinées. Aujourd’hui, la série en est à sa 38e saison, ce qui laisse mathématiquement deux ans avant d’atteindre le cap évoqué par Cartwright. Un deuxième long-métrage est même dans les tuyaux : la franchise doit sortir son deuxième film au cinéma, intitulé « The Simpsons Movie 2 », en septembre 2027, vingt ans presque jour pour jour après le premier volet.
Pourquoi Bart lui-même doute que ça continue
Ce qui frappe dans la déclaration de Cartwright, c’est l’absence totale de discours sur les chiffres d’audience ou la rentabilité publicitaire, sujets pourtant habituels quand on parle de l’avenir d’une série vieille de presque quarante ans. Interrogée sur les raisons de ce chiffre précis, elle a simplement répondu « That’s my opinion », ajoutant que si le casting est toujours vivant après la saison 40, elle serait ouverte à continuer la série. Le raisonnement se déplace donc du terrain économique vers un terrain beaucoup plus intime : celui de l’âge et de l’endurance humaine derrière les micros.
Cette précision change tout. Cartwright ne dit pas que le public se lassera, ni que Disney coupera les vivres. Elle pointe une réalité plus prosaïque : la voix de Homer, celle de Marge, celle de Bart, ce sont des acteurs qui vieillissent comme tout le monde. À 68 ans, elle continue pourtant d’incarner un gamin éternellement âgé de dix ans, un exercice qu’elle a appris dès son audition du 13 mars 1987 pour les courts-métrages animés de The Tracey Ullman Show, avant de porter Bart dans la série en prime time lors de ses débuts en 1989. Un rôle qui lui a d’ailleurs valu un Emmy Award pour Outstanding Voice-Over Performance en 1992.
Ce n’est pas non plus la première fois qu’elle évoque un horizon de fin. Plus tôt dans l’année, à l’occasion du 800e épisode de la série et de son renouvellement jusqu’à la saison 40, elle avait confié que le show était devenu une véritable partie de son quotidien, au point d’être habituée à l’exercer en permanence. La nuance apportée récemment sur le podcast de Rosenbaum n’est donc pas une bombe isolée, mais la suite logique d’une réflexion qu’elle mène depuis des mois sur ce que représente, humainement, le fait de prêter sa voix à un personnage aussi longtemps qu’une carrière entière.
Springfield ne veut pas de vrai « au revoir »
Du côté de la production, le discours est radicalement différent, et c’est là que la tension devient intéressante. Le showrunner Matt Selman a en effet théorisé, bien avant les propos de Cartwright, une philosophie assumée du non-final. Il a expliqué à TheWrap que l’équipe avait produit un épisode, environ un an et demi plus tôt, qui parodiait le concept même de série finale. Concrètement, l’équipe a condensé tous les concepts imaginables de final dans un seul épisode, une façon pour Selman d’affirmer qu’il n’y aurait jamais de véritable épisode de fin.
Concrètement, cela signifie que même si Cartwright a raison et que la saison 40 marque un point d’arrêt, il n’y aura probablement pas de générique de fin larmoyant façon Breaking Bad ou Game of Thrones. Springfield s’éteindrait plutôt sur un dernier épisode ordinaire, sans emphase particulière, un choix cohérent avec l’ADN d’une série qui a toujours préféré l’absurde au sentimentalisme. D’ailleurs, un contrat qui s’arrête à la saison 40 ne veut pas dire fin de la série : la saison 40 constitue simplement le dernier volet du renouvellement de quatre saisons obtenu l’an dernier, ce qui permettrait, d’un point de vue purement contractuel, un arrêt net à ce moment-là.
Reste une donnée que peu d’articles relèvent : sur Reddit, la réaction n’a pas été tendre envers cette hypothèse. Un commentateur a exprimé sa crainte que même en cas de disparition d’un membre majeur du casting après la saison 40, le studio le remplace tout simplement par une voix générée par IA plutôt que de laisser le programme s’éteindre naturellement. Une inquiétude qui, à l’heure où les studios expérimentent de plus en plus l’IA générative pour doubler ou ressusciter des voix, n’a rien d’anecdotique. Springfield pourrait bien survivre à ses propres habitants, avec ou sans leurs voix originales.
Sources : globemagazine.com | entertainmentnow.com