En annonçant le retour de Kaley Cuoco le 3 août, HBO Max a changé ce que les spectateurs attendaient de « Stuart Fails to Save the Universe »

Sept ans après la fin de « The Big Bang Theory », Kaley Cuoco a de nouveau enfilé la doudoune (ou plutôt les rangers) de Penny. Le retour de l’actrice, révélé début août, a immédiatement changé la perception que les fans avaient de « Stuart Fails to Save the Universe » : ce spinoff jugé mineur devient soudain le rendez-vous multivers où absolument tout peut arriver. Kaley Cuoco vient de faire son retour en tant que Penny de The Big Bang Theory pour la première fois en sept ans.

L’apparition n’a rien d’un caméo tranquille filmé pour faire plaisir à la nostalgie. Il s’agit d’une version très différente de Penny : dans l’épisode intitulé « Spoiler: Zack’s In This One », Stuart, Kripke et Bert atterrissent dans une Pasadena bien moins apocalyptique que celle qu’ils viennent de fuir. Le trio, à peine sorti d’affaire, tombe alors sur une organisation clandestine. Après trente mois de rééducation, le trio est enfin relâché, et immédiatement kidnappé par un groupe de résistance dirigé par Penny, jouée par Cuoco, qui n’est plus la Penny qu’on connaissait : une version badass, soldate et leader, qui n’arrête pas de gifler Stuart, Kripke et Bert. Fini le tablier de la Cheesecake Factory : ici, elle mène une guérilla contre une intelligence artificielle qui a placé toute la population sous contrôle mental.

Le showrunner Chuck Lorre a lui-même confirmé l’ampleur du changement de trajectoire pour le personnage. Parce que la série se déroule dans une série de réalités alternatives, Penny devient quelqu’un d’autre : elle reste Penny, mais avec un passé entièrement différent, elle n’a jamais travaillé à la Cheesecake Factory, jamais rencontré Leonard, et elle est devenue la cheffe d’une guérilla révolutionnaire. Autant dire que les fans qui espéraient un simple clin d’œil sentimental repartent avec tout autre chose : une réinvention presque totale, à mille lieues du canapé de Sheldon et de ses éternelles piques sur la physique quantique.

À retenir

  • Une Penny méconnaissable dirige une guérilla contre une IA contrôlant les esprits
  • HBO Max a orchestré un système de caméos surprises qui fait de chaque épisode un pari sur le prochain visage familier
  • Chuck Lorre confirme que d’autres réinventions de personnages emblématiques arrivent très bientôt

Un caméo qui n’était pas garanti

Ce retour n’avait rien d’acquis. Quand HBO Max a confirmé la commande de la série, avec Kevin Sussman, Lauren Lapkus, Brian Posehn et John Ross Bowie au casting, Kaley Cuoco avait simplement confié : « Si Chuck m’appelle, je serai là ». Une phrase polie, du genre qu’on prononce sans trop y croire lors d’une interview de fin d’année. Mais Lorre a bel et bien décroché son téléphone, et l’actrice a tenu parole.

Le vrai coup de maître, c’est la manière dont la production a distillé ces retrouvailles. La série a instauré un schéma dès les deux premiers épisodes, chacun ménageant le retour surprise d’un membre du casting original de The Big Bang Theory : après l’apparition de Kunal Nayyar en Raj dans l’épisode 1, tué de façon choquante par Kripke, Cuoco a débarqué dans le deuxième épisode aux côtés de Zack. Une stratégie qui transforme chaque nouvel épisode en petite loterie : qui, cette fois, va ressurgir d’un univers parallèle ?

Et Penny n’était même pas seule à faire son grand retour ce soir-là. L’épisode 2 accueille quatre vétérans de la franchise, à commencer par Riki Lindhome en Ramona Nowitzki, désormais réceptionniste à Caltech dans une réalité alternative idyllique où un régime d’IA répressif maintient tout le monde sous contrôle via des puces implantées dans le tronc cérébral, avant que Christine Baranski n’apparaisse dans une vidéo d’introduction, jouant son propre rôle plutôt que celui de Beverly, la mère de Leonard. Un festival de références qui aurait pu tourner au fan-service creux, mais qui fonctionne justement parce que chaque version alternative des personnages raconte quelque chose de neuf.

Pourquoi ce twist rebat les cartes de la série

Avant cette annonce, « Stuart Fails to Save the Universe » traînait une réputation d’attraction secondaire, sympathique mais dispensable. La critique n’a d’ailleurs pas été tendre avec le concept de base. Le résultat est une comédie originale en dix parties avec quelques idées ponctuellement astucieuses, reliées par une écriture de gags répétitive, une intrigue mince et pas suffisamment de matière pour rester captivant sur la durée. Un constat sévère, –mais qui ne dit rien de ce que change une apparition comme celle de Cuoco dans la dynamique globale du show.

Sur le fond, la série garde pourtant un postulat solide. La série en 10 épisodes tourne autour du propriétaire de magasin de comics Stuart David Bloom et démarre dans une destruction totale, avant que Stuart et son ami géologue Bert ne soient confrontés à une projection de Stuart venue d’un univers parallèle, les avertissant qu’un appareil expérimental créé par Leonard, Sheldon et Wolowitz, cassé accidentellement par Stuart, a déclenché un Armageddon multivers. C’est ce même appareil qui permet, épisode après épisode, de faire ressurgir des variantes vertigineuses des personnages qu’on croyait figés dans nos souvenirs de la Cheesecake Factory.

Concrètement, l’apparition de Penny déplace le centre de gravité de la série. Ce n’était plus seulement Stuart et sa bande de losers attachants qui tentaient de réparer l’univers : c’était l’occasion de voir ce que serait devenue chaque figure culte du « Big Bang Theory » originel si son histoire avait bifurqué. Le procédé n’est pas neuf en soi, –le multivers est devenu un poncif de la pop culture depuis quelques années–, mais appliqué à un casting aussi identifié que celui de Sheldon et ses amis, l’effet de surprise reste réel. On attendait un hommage ; on obtient une réinvention presque cruelle des personnages qu’on pensait acquis pour toujours.

Ce qui attend les spectateurs dans les prochains épisodes

La mécanique des caméos surprises n’est visiblement pas terminée. Chuck Lorre a confirmé, lors d’un panel, que Kaley Cuoco et Melissa Rauch reviennent en versions alternatives de Penny et Bernadette, leurs premières apparitions depuis 2019. Bernadette pourrait bientôt connaître le même sort que Penny : une refonte complète de son parcours dans une timeline parallèle.

Le rythme de diffusion, lui, ne laisse pas beaucoup de répit. De nouveaux épisodes sortent chaque jeudi aux États-Unis et le vendredi à l’international, avec l’épisode 3 prévu pour le 6 août. Une cadence hebdomadaire qui, couplée à cette logique de caméo surprise, transforme chaque semaine en pari : quel visage familier, dans quelle version inattendue de lui-même, va débarquer cette fois dans l’atelier de comics de Stuart ? Après Penny cheffe de guérilla et Beverly Hofstadter remplacée par Christine Baranski jouant son propre rôle d’IA dirigeante, plus rien ne semble impossible pour la suite de la saison.

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