Depuis la mort de Natalie adulte à la fin de la saison 3, Sophie Thatcher n’incarne plus qu’une version disparue en avance : celle qui existe uniquement dans le passé. La comédienne, qui prête ses traits à la Natalie adolescente dans Yellowjackets, vient de confirmer ce que beaucoup redoutaient depuis le final choc de la série Showtime. Sans Juliette Lewis pour incarner le versant adulte du personnage, son propre rôle change de nature, et pas forcément pour le mieux.
À retenir
- Pourquoi la mort de Natalie transforme complètement la mécanique narrative de Yellowjackets
- Ce que Sophie Thatcher révèle vraiment sur ses limites avec ce rôle après sept ans
- Les détails choquants du tournage de la saison 4 qui ont affecté l’actrice
La mort qui a tout changé
Tout part de ce final de saison 3 qui a laissé les fans groggy. Lisa, une membre du culte de Lottie, charge les femmes avec un fusil de chasse, et Misty tente de l’attaquer avec une seringue remplie de phénobarbital, mais elle poignarde Natalie à la place. Mourante, Natalie s’imagine embarquer dans un avion avec son moi adolescent et d’autres personnes mortes liées au crash originel. Une scène qui marque la sortie de Juliette Lewis de la série.
Le problème, souligné par plusieurs critiques au moment de la diffusion, c’est que cette mort retire tout le mystère et le plaisir de l’arc adolescent de Natalie, puisqu’on sait qu’elle va simplement recevoir une aiguille mal dirigée et mourir en plein milieu du récit de la série. On connaît déjà la fin. Chaque flashback devient un compte à rebours plutôt qu’une découverte.
Ce basculement narratif a une conséquence directe sur le travail de Sophie Thatcher. Le plus grand changement que les spectateurs de Yellowjackets ressentiront désormais, c’est qu’il n’y aura plus de contrepoint à Natalie dans la chronologie présente, et la série ne juxtaposera plus ses actions dans la nature sauvage à ce qui lui arrive à l’âge adulte. Fini le jeu de miroir entre les deux époques. Fini le dialogue silencieux entre la gamine punk et la femme brisée qu’elle deviendra. Il ne reste que des souvenirs, sans écho.
« Un peu stagnante » : le vrai aveu de Sophie Thatcher
Trois jours. C’est le temps qu’il restait à Sophie Thatcher sur le tournage de la saison 4 quand elle a livré ses confidences les plus franches à Variety. Il lui reste trois jours sur « Yellowjackets » et ensuite elle est libre. Libreeeee !! Un cri du cœur qui en dit long sur la lassitude accumulée après sept ans dans la peau du même personnage.
Interrogée sur un possible parallèle avec les acteurs de séries teen comme The O.C., qui rêvaient de s’échapper de leur rôle après quelques saisons, l’actrice n’a pas botté en touche. Elle comprend instinctivement ce sentiment. Ce n’est rien contre les scénaristes, mais elle se sent personnellement un peu stagnante à devoir jouer le même personnage. Elle s’appuie sur beaucoup de ce qu’elle appelle, en insistant que ce n’est pas forcément vrai, des « codes de triche ».
Le plus difficile n’est pas tant la noirceur du rôle, dont Thatcher a l’habitude après Heretic ou Companion, que la mécanique même de l’incarnation prolongée. Après avoir tourné jusqu’à 6 heures du matin à hurler et pleurer, elle constate qu’elle peut désormais entrer dans cet état sans effort, ce qui rend l’exercice moins stimulant. Jouer quelqu’un de plus jeune est déroutant, et rester dans l’état émotionnel où elle était lors du tournage du pilote sept ans plus tôt est une chose très confuse, ce qui l’a le plus perturbée.
Sept ans à camper la même adolescente de dix-sept ans, alors que la comédienne elle-même a grandi, tourné dans une dizaine de films, changé de vie entière. Il y a quelque chose de vertigineux à devoir revenir, saison après saison, à un état émotionnel figé dans le temps pendant que tout le reste avance.
Retour à la case lycée, et panique à la clé
La saison 4, actuellement en tournage à Vancouver depuis février 2026, promet un twist scénaristique inattendu : le sauvetage du groupe. Dans une interview à i-D, Thatcher a admis qu’il lui était vraiment très difficile de continuer à jouer la Natalie adolescente pendant cette saison, laissant entendre qu’on reverra l’équipe de foot au lycée, ce qui a du sens puisqu’à la fin de la saison 3, Natalie parvient à contacter le monde extérieur via un téléphone satellite.
Le retour dans un décor scolaire, aussi normal soit-il en apparence, a visiblement pesé sur l’actrice. Elle a partagé que quelque chose dans le fait d’être de retour au lycée avec ses néons a provoqué chez elle des attaques de panique sur le plateau, précisant ensuite qu’elle ne plaisantait pas. Une confidence rare, qui montre à quel point le poids psychologique de ce rôle dépasse la simple fatigue de fin de contrat.
Malgré tout, l’attachement reste intact. Lors de la première de la saison 3, l’actrice avait déjà livré ses sentiments sur la disparition de son alter ego adulte : c’était vraiment triste, et elle aime tellement Juliette, et elle aime son personnage, Natalie. Elle pourrait pleurer. Elle pleure pour elle tout le temps. C’était triste, mais elle pense que le personnage survit d’une certaine manière.
Une fin de série qui approche
Showtime a confirmé que la saison 4 serait la dernière, et le tournage, lancé en février 2026 à Vancouver, doit se poursuivre jusqu’à l’été avant une diffusion attendue fin 2026. Sophie Thatcher y retrouve notamment Sophie Nélisse, Jasmin Savoy Brown, Samantha Hanratty et Liv Hewson pour les flashbacks 1996, pendant que Melanie Lynskey, Tawny Cypress et Christina Ricci portent le récit adulte.
Reste une question que la série n’a jamais vraiment tranchée : que devient un personnage quand son futur a déjà été écrit, joué, et enterré sous nos yeux ? Sophie Nélisse, qui incarne la jeune Shauna, a d’ailleurs révélé une tradition étonnante du plateau : à chaque mort d’un personnage, l’équipe organise une death party pour lui rendre hommage, une façon collective de digérer le chagrin fictif avant de retourner filmer. De quoi rappeler que derrière la noirceur de la forêt canadienne, l’équipe cultive aussi une drôle de tendresse pour ces gamines qu’elle regarde grandir, mourir, et parfois, comme Natalie, continuer d’exister uniquement dans le rétroviseur du récit.
Sources : bustle.com | lesbia-magazine.com