Deux épisodes. C’est le temps qu’il m’a fallu pour réaliser que j’avais tout faux. En lançant American Horror Story: Apocalypse sur Disney+ dans l’espoir de retrouver Jessica Lange dans toute sa splendeur, je m’attendais à la voir dominer l’écran dès le générique. Mais la reine ne pointe le bout de son nez qu’au milieu de la saison, et jamais dans les épisodes d’ouverture. Grillé, donc, sur toute la ligne.
Pour comprendre la déconvenue, il faut revenir aux origines de la saison 8. Apocalypse n’est pas une saison inédite comme les précédentes : c’est un crossover assumé entre Murder House (saison 1) et Coven (saison 3), un crossover entre la Saison 1 (« Murder House ») et la Saison 3 (« Coven »), construit autour d’un nouveau personnage central, Michael Langdon, l’antéchrist annoncé depuis le tout premier épisode de la série en 2011. Et c’est justement lui, incarné par Cody Fern, qui porte les premiers épisodes sur ses épaules, pas Constance Langdon.
À retenir
- Jessica Lange n’apparaît que dans 2 épisodes sur 10 d’Apocalypse, bien plus tard que prévu
- Le retour de l’actrice après une brouille avec Ryan Murphy n’était annoncé qu’en grande pompe
- Les vrais trésors de Jessica Lange restent les saisons 1 à 4 de la franchise
Pourquoi Jessica Lange n’était pas là dès le début
Le twist, c’est que Jessica Lange avait quitté la franchise après la saison 4, Freak Show, en 2015. Elle a quitté la franchise après la Saison 4 alias « Freak Show » et n’était même pas revenue pour un caméo depuis. Son retour pour la saison 8 a donc été vécu comme un événement, annoncé en grande pompe par Sarah Paulson lors du TCA Summer Tour de la chaîne FX. Mais attention aux fausses promesses marketing : ce come-back tant attendu se limite à une poignée d’épisodes, pas à l’intégralité de la saison.
Concrètement, Constance Langdon ne réapparaît qu’à l’épisode 6, celui-là même réalisé par Sarah Paulson. Jessica Lange reprend le rôle de Constance Langdon dans les épisodes 6 et 10 de la saison. Deux apparitions sur dix épisodes au total. Voilà le fameux « grillage » : quand on lance la saison en pensant retrouver l’actrice omniprésente qu’elle était dans Murder House ou Coven, la réalité est tout autre. Ici, elle est une pièce rapportée, un clin d’œil nostalgique plus qu’un pilier narratif.
L’anecdote la plus savoureuse, c’est que ce retour a failli ne jamais avoir lieu. Lange avait connu une brouille assez publique avec le créateur Ryan Murphy en 2017, ce qui avait laissé son retour en suspens pendant un moment. Une tension people qui a fait planer le doute pendant des mois sur la présence de l’actrice dans Apocalypse. Lange avait été la figure centrale des quatre premières saisons dans les rôles de Constance Langdon, Sœur Jude, Fiona Goode et Elsa Mars, ce qui lui avait valu quatre nominations aux Emmy et deux victoires. Autant dire que son absence des premiers épisodes pèse lourd pour qui a grandi avec ces personnages.
Une intrigue pensée pour les fans de la première heure, pas pour les nostalgiques de Lange
Le vrai piège d’Apocalypse, c’est son ambition de réunion générale. La saison mobilise un casting exceptionnel où presque tout le monde a répondu présent : Sarah Paulson, Billie Lourd, Cathy Bates, Emma Roberts, sans oublier les retours de Dylan McDermott ou Connie Britton du côté de Murder House. Le problème, quand on regarde uniquement pour un visage précis, c’est que la production distille son retour comme un événement rare plutôt que comme une présence continue. J’aurais dû m’en douter : une actrice de ce calibre, remise en selle après une brouille publique, ne revient pas pour cachetonner sur dix épisodes.
Le contexte narratif n’aide pas non plus à retrouver vite la Constance qu’on connaît. Les sorcières d’Apocalypse cherchent à récolter des informations sur leur principal antagoniste, Michael Langdon, en se rendant sur les lieux de sa naissance, la fameuse maison hantée de la première saison, où elles découvriront les secrets de son passé, y compris ce qui est arrivé à sa grand-mère Constance. les scénaristes construisent tout un mystère autour de l’absence du personnage avant de le réintroduire, un choix habile sur le papier, frustrant pour qui veut du Jessica Lange immédiatement.
Ce qu’il faut savoir avant de se lancer sur Disney+
Bonne nouvelle tout de même : la totalité de la franchise, y compris cette huitième saison, reste disponible en France sur Disney+. Les dix premières saisons d’American Horror Story sont disponibles en streaming sur Hulu et Disney+. Pas besoin donc de jongler entre plusieurs plateformes pour retrouver l’intégrale de la série, contrairement à l’époque où elle avait quitté le catalogue Netflix.
Pour les fans absolus de Jessica Lange, mon conseil est simple : oubliez la saison 8 comme point d’entrée si c’est elle que vous cherchez avant tout. Les saisons 1 à 4 restent le terrain de jeu où elle crève littéralement l’écran, que ce soit en voisine toxique dans Murder House, en nonne sadique dirigeant d’une main de fer un asile psychiatrique pour criminels dans Asylum, en Supreme manipulatrice dans Coven, ou en meneuse de revue déchue dans Freak Show. C’est là que se trouve la matière la plus dense, épisode après épisode, sans avoir à patienter six semaines de fiction pour un seul come-back.
Petit détail qui change tout pour la suite du visionnage : Constance refait une ultime apparition dans l’épisode final de la saison, le dixième, aux côtés d’autres figures cultes comme Myrtle Snow ou Misty Day. Si vous êtes déjà lancé dans Apocalypse et que vous avez, comme moi, grillé votre plaisir en découvrant l’absence de Lange dans les premiers épisodes, sachez donc qu’il reste une seconde occasion de la retrouver avant le générique de fin. Une consolation mince, mais bien réelle pour qui tient jusqu’au bout.
Sources : allocine.fr | serieously.com